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Le virus du Nil occidental à vue d'oiseau grâce à HealthNet
Transmis par les moustiques qui se nourrissent du sang d'oiseaux infectés, le virus du Nil occidental peut tuer des humains en causant une inflammation du cerveau (encéphalite) ou de la membrane qui recouvre le cerveau et la moelle épinière (méningite). Environ 2 % des gens qui présentent des symptômes du virus du Nil occidental développent des problèmes de santé qui peuvent aller jusqu'à l'encéphalite ou la méningite. En 2005, le virus a causé la mort de 12 personnes au Canada.
Pour combattre le virus du Nil occidental et protéger adéquatement les Canadiens, il faut savoir à quel endroit et à quel moment le virus se propage. C'est pourquoi l'Agence de santé publique du Canada (ASPC) a récemment développé une application de cartographie Web qui permet de mieux situer et analyser les endroits où l'on a trouvé des oiseaux morts infectés par le virus du Nil occidental.
Appelée « HealthNet », cette application Web met à profit l'Infrastructure canadienne de données géospatiales (ICDG) et ses normes communes en matière de données et de services. Par le truchement d'Internet, les utilisateurs de HealthNet ont accès à une multitude de sources de données interopérables, compatibles avec l'ICDG. Ils peuvent ainsi mieux se renseigner sur les oiseaux infectés, les lieux où ils ont été découverts la menace qu'ils représentent.
« HealthNet est une ressource merveilleuse », affirme Dr Peter Buck, épidémiologiste et chef de section à la Division des infections d'origine hydrique, alimentaire et zoonotique de l'ASPC. « Il donne les outils nécessaires pour répondre aux questions que l'on se pose, par exemple : Quelles données pouvons-nous tirer de la présence d'un oiseau mort à tel ou tel endroit? Comment devons nous les interpréter? »
HealthNet au service de ceux et celles qui veulent savoir
À l'aide du Service de cartographie Web offert par l'ICDG, une personne peut relever sur une carte Web les lieux où des oiseaux morts ont été trouvés et y superposer plusieurs couches de données géographiques compatibles avec l'ICDG qui proviennent de diverses sources. Une couche pourrait représenter la couverture du sol : S'agit il d'un marécage? D'une forêt? D'un sol urbain? D'une prairie-parc? Une autre pourrait contenir des données sur la densité de population : Où se trouvent les villes et les collectivités les plus proches? Les représentations intégrées de ce genre permettent aux professionnels de la santé d'évaluer de façon plus complète le risque que représente le virus du Nil occidental pour les Canadiens.
« Si les oiseaux morts sont concentrés dans un secteur à forte densité de population, nous pouvons en informer le public et envisager des mesures de possibles, nous dit Dr Buck. Si, par contre, les oiseaux se trouvent au milieu de nulle part, il n'y a peut être pas lieu de s'en inquiéter, car le risque d'infection est faible. Dans ces cas là, nous pourrions simplement prévenir les gens de se munir d'insecticide si jamais ils vont faire une excursion dans le secteur. »
Des partenaires de tous horizons donnent du poids à HealthNet
GéoConnexions a apporté à HealthNet une contribution financière et technique de 105 000 $, mais il compte sur de nombreux partenaires pour mener à bien l'entreprise, notamment le Centre canadien coopératif de la santé de la faune, le Réseau canadien d'information sur la santé publique, le groupe des services épidémiologiques du BC Centre for Disease Control, GeoTango International Corp., le ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle Écosse, le Bureau de la pratique en santé publique (qui, au sein de l'Agence de santé publique du Canada, s'occupe de l'entreposage des données géospatiales), l'Agence de santé publique du Canada et l'Université York de Toronto.
Grâce à la contribution et à la collaboration de ces partenaires, les gens ne sont plus obligés de multiplier les démarches pour trouver et acheter les données géographiques, les verser sur cédérom, les charger dans leur ordinateur personnel et les restituer sur des cartes. Ils peuvent désormais avoir recours à l'ICDG et à ses services de cartographie Web pour obtenir les données dont ils ont besoin et élaborer des cartes personnalisées.
Les normes de données de l'ICDG facilitent la circulation des données dans les deux sens
Autant les utilisateurs de HealthNet peuvent superposer des renseignements venant d'ailleurs à leurs données sur les oiseaux morts, autant il est permis aux autres d'intégrer à leurs cartes des données sur les volatiles infectés. Voilà un autre avantage des normes de données de l'ICDG. « Autrement dit, des gens aux intérêts différents peuvent obtenir des données sur les oiseaux morts et d'autres données, puis les restituer sur une même carte pour en dégager des tendances spatiales ou temporelles, ajoute Dr Buck. Il s'agit en quelque sorte d'une route à deux sens. »
Dès le début, l'ASPC a voulu rationaliser et automatiser son analyse des données sur les oiseaux morts. Avant HealthNet, ses analystes pouvaient passer une journée entière à produire des cartes de répartition des oiseaux morts; le processus comportait plusieurs étapes et coûtait cher. D'autant plus que la carte obtenue était statique : pour représenter le phénomène à un autre endroit ou durant une autre période, il fallait tout reprendre du début. Avec HealthNet, en revanche, il suffit de cliquer sur des boutons dans le navigateur Web. « Le processus est complètement automatisé, précise Dr Buck. Si le résultat n'est pas satisfaisant, il est facile de changer d'endroit ou de période. »
Il fallait aussi que le système soit convivial. En effet, peu de services de santé locaux ont à leur disposition des experts en géographique médicale ou des spécialistes des systèmes d'information géographique (SIG) pour produire des cartes. Quiconque sait le moindrement se servir d'un ordinateur peut utiliser HealthNet. Toujours selon Dr Buck, « les gens n'ont pas besoin de formation en SIG ni de connaissances approfondies en géographie. HealthNet leur offre une façon très simple et utile de comprendre leurs données et de cartographier l'information sans avoir à mettre en oeuvre des ressources considérables. »
Même si le risque de contracter le virus du Nil occidental est extrêmement faible, n'importe quel virus mortel doit être pris très au sérieux. HealthNet met à la disposition des professionnels de la santé un outil commode pour surveiller le virus et atténuer les risques de dommages.
Pour utiliser HealthNet, aller à http://www.westnilevirus.gc.ca/.
Partenaires : BC Centre
for Disease Control Society, Centre canadien coopératif de la santé
de la faune, GeoTango, Ressources naturelles Canada–GéoConnexions,
Ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse–Division
de la faune, Agence de santé publique du Canada, Université York
| GéoConnexions est un programme de partenariat national pour mettre au point et agrandir Infrastructure canadienne de données géospatiales. |