Les données géographiques fournissent un contexte spatial nécessaire à la création d'une vue d'ensemble du monde physique et de la place que nous y occupons. La géomatique, un terme courant dans la communauté des données géographiques, représente l'intégration des sciences, des outils et des technologies pour acquérir, classer, gérer, analyser et diffuser les données géographiques, tels que le système mondial de positionnement (GPS), la photogrammétrie, la radargrammétrie et l'imagerie satellite.
La recherche en géomatique a permis de mettre au point les technologies SIG et GPS qui s'avèrent fort utiles dans le secteur de l'exploitation des ressources naturelles, notamment pour l'aménagement du territoire, la gestion des écosystèmes, le développement de systèmes logistiques et de navigation, la surveillance de l'environnement, la gouvernance et la surveillance de l'océan, et le rendement des entreprises. L'industrie agricole, par exemple, utilise les technologies GPS pour optimiser l'application de fertilisants et de pesticides, et cartographier les champs afin d'améliorer le rendement des cultures et la gestion des sols. Quant à l'industrie minière, elle utilise la géomatique dans l'évaluation des dommages causés à l'environnement et l'élaboration des stratégies de contrôle et de traitement du drainage minier acide.
Les données géographiques et la géomatique s'appliquent également au processus décisionnel propre à toute une gamme d'activités. Par exemple, l'utilisation de données géographiques est répandue dans les sites Web gouvernementaux pour diffuser de l'information sur des services, comme les zones et les jours de collecte des ordures, le réseau de transport en commun, les événements publics, l'emplacement des installations communautaires et privées, les bibliothèques, les services de garde à l'enfance, etc.
Dans le secteur privé, les données géographiques servent de plus en plus aux décisions d'investissement et aux stratégies de logistique et de commercialisation. Au cours des dernières années, on a prêté davantage attention au développement des capacités de la cartographie Web, au service mobile de soutien aux consommateurs, à l'aiguillage de véhicules et à la localisation des urgences. Les caractéristiques propres aux données géographiques permettent de les intégrer aux jeux de données pour améliorer le processus décisionnel.
On estime que les données géographiques et les innovations en géomatique produiront sur le marché international des retombées de l'ordre de 45 à 67 milliards $ US pour les produits et services de géomatique d'ici 2004. [5] Selon un récent sondage de Statistique Canada sur les services en cartographie et en arpentage, il existe plus de 2 000 entreprises au Canada qui génèrent des recettes annuelles évaluées à 1,5 milliard de dollars. [6] L'Alberta contribue à elle seule à 90 % de la croissance des recettes, principalement dans le domaine des levés géodésiques. Elle possède également le niveau le plus élevé de recettes, suivie par l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Québec.
Bien qu'elles soient difficiles à calculer et à valider, diverses statistiques indiquent que pour chaque dollar investi par le gouvernement pour fournir des données géoscientifiques de haute précision, le secteur privé en dépense de 4 à 10 dollars, ce qui entraîne parfois la découverte de nouvelles ressources valant de 100 à 150 dollars. [7] En outre pour chaque dollar investi dans la production d'information spatiale, des bénéfices de 4 dollars sont réalisés. [8]
Une étude menée par Hickling Arthurs Low Corporation en 2001 révèle que la rapide évolution de l'informatique dans les années 1990 stimulera un nouveau cycle d'innovation et de développement de produits et services dans le domaine de la géomatique au cours de la première décennie du nouveau millénaire. La plupart des nouvelles activités offriront possiblement des services et des applications en formats de données communs pour faciliter le processus décisionnel. L'étude conclut que la géomatique élargira progressivement ses activités vers les utilisateurs non initiés, ce qui créera de nouvelles occasions de fournir des produits et services.
Les plus récents travaux de recherche et d'analyse montrent que les logiciels présentement utilisés en cartographie, en SIG et en analyse d'image seront progressivement intégrés. Ainsi, les coûts diminueront, favorisant une utilisation massive des logiciels et des données géospatiales. L'Internet demeurera un intermédiaire clé dans la distribution de produits géomatiques auprès des consommateurs et l'évolution technologique continuera de faire reculer les limites de l'industrie.
Étant donné la portée croissante des données géographiques dans les économies canadienne et mondiale, tous les ordres de gouvernement doivent s'assurer que les pratiques de diffusion et d'octroi de licences en matière de création, d'utilisation et de distribution de données géographiques gouvernementales soulignent et augmentent la valeur de ces jeux de données. En raison des coûts élevés de la collecte des données géographiques de base, comme le réseau routier, l'hydrographie, les points géodésiques, des mesures doivent être mises en place pour optimiser l'utilisation des données collectées en tant qu'information de base pour les processus décisionnels.
Les prochains chapitres du rapport se penchent sur la nécessité de définir une démarche explicite et logique pour mettre en place des pratiques intégrées pour la diffusion et l'octroi de licences de données géographiques gouvernementales. Pour ce faire, nous examinerons et évaluerons le modèle actuel de diffusion des données gouvernementales, nous élaborerons un cadre intégré pour la diffusion et l'octroi de licences de données géographiques gouvernementales et nous formulerons quelques conseils à l'intention des praticiens.